Pinoteau conçoit ses films avec la patience et la minutie d'un programmeur chargeant sa bécane : il amasse un maximum de données en interrogeant tous ceux qui connaissent le sujet traité, puis il trie, compare et analyse. Quand il commence à écrire son scénario (en collaboration avec Daniele Thomson), il connaît ses bases sur le bout des doigts: avant de donner le premier tour de manivelle de « La Boum », il a interviewé conseillers et éducateurs, pour tout savoir sur cette poignée de très jeunes dont il allait raconter le quotidien. Pas question de s'étaler dans la violence, de parler drogue, agressions et délinquance. Pinoteau s'intéresse plutôt à la majorité décrétée silencieuse des adolescents qui, par milliers, passent chez papa-maman de l'enfance à la réalité, et du dernier nounours au premier amour, avec tous les mini drames et les maxi joies typiques de l'« âge ingrat ». En professionnel consciencieux, Pinoteau a joué de l'efficacité, et il a décroché le gros lot. Non seulement son film a super bien marché en France, mais une bonne partie de l'Europe a été touchée par la Boumania. Les Italiens ont hissé son film en tête du box office, et la visite de Sophie Marceau a provoqué des ravages dans les rangs des latin's loyers aux coeurs d'étoupe. Ce qui prouve qu'en choisissant Sophie pour jouer le rôle de son héroïne, il ne se trompait pas non plus. Pourtant, elle ne s'était encore jamais frotté au monde du cinéma. Mais sa fraîcheur, son sourire et son indiscutable « présence » à l'image ont immédiatement séduit Pinoteau, puis les milliers de spectateurs qui ont aimé « La Boum » parce qu'ils s'y retrouvaient. C'est en pensant à eux que Pinoteau a décidé de tourner la « Boum 2 », où l'on retrouve Vic-Sophie entourée de toute sa bande, enrichie de nouveaux éléments... Comme la majorité des filles de son âge, Vic a mûri, terminé sa romance avec Mathieu et s'apprête à rencontrer le vrai grand amour, celui qui continue de faire rêver la nouvelle génération des romantiques-réalistes. Les jeunes d'aujourd'hui sont spontanés, décontractés, attirés par le sport et la nature mais aussi par les boîtes et le ciné. Ils sont directs et francs, copinent facilement avec leurs mères et s'éclatent dans les concerts rock. Voici ce qui ressort des études « Pinoteau » sur la nouvelle génération: il fallait donc que ses héros collent, au ciné comme dans la vie, avec ce portrait type.
